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Entre Aveyron, Lozère et Cantal

Sur le plateau d’Aubrac : randonneurs et pèlerins

D’Aumont à Saint-Chély d’Aubrac, sur le GR 65

Sur plus de quarante kilomètres d’Aumont à Saint-Chély, l’Aubrac est traversé par le GR 65, horizons infinis d’alpages parsemés de chaos granitiques et traversés de chemins sinueux d’entre les murets.

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Plateau et vaches de l’Aubrac
Photo Myriam Bloch. http://www.pbase.com/cybermymy/root

En son milieu Nasbinals, bourg de granit et de lauzes, niché dans un écrin de verdure, au nom dont l’origine semble se perdre dans la nuit des temps. Les zones boisées ne sont pas absentes de cet itinéraire mais elles ont été comme repoussées par une main invisible aux deux extrémités du plateau : au nord-ouest, au départ d’Aumont, jusqu’au carrefour des Quatre Chemins, à quoi succède l’immense étendue d’herbes, de fleurs [1] et de troupeaux, puis à nouveau les bois en bordure sud-ouest, quand on descend du monastère d’Aubrac vers Saint-Chely. Au début du mois d’Août on est frappé par la diversité de couleurs de certaines espèces florales comme les œillets ou encore les pensées sauvages.

Le GR 65 présente cette particularité d’être un chemin de grande randonnée que tout le monde parcourt dans le même sens. Point de mystère à cela, car le GR ici, c’est surtout, la via Podiensis, le chemin de Saint Jacques de Compostelle, qui part du Puy-en-Velay et rejoint Compostelle sur un parcours de 1500 kilomètres. Bien plus loin vers le sud, le chemin de Saint Jacques franchit les Pyrénées au col d’Ibaneta près de Ronceveau, là où, selon la tradition, le pèlerin « touche le ciel de la main ».

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Pourtant le « toit d’Aubrac » n’a rien à envier à ce passage mythique. Pays rude et froid en hiver, dominant en balcon les terres du sud-ouest, propre à élever toute âme en quête de spiritualité, l’Aubrac regarde vers l’océan et tranche en été, par sa verte fraîcheur, des causses voisins, comme le Larzac, plus méditerranéen. La foi reste discrète en ces lieux de religiosité. Les signes ostensibles comme la pèlerine, que l’on pouvait y voir dans les années quatre-vingt-dix, ne sont semble-t-il plus de mise. Aperçu : un couple jeune, sac à dos, d’allure sportive, la jeune femme tient dans sa main un chapelet qu’elle égraine en marchant. Peu de religieux en chemin, si ce n’est quelque « sacristain » ou « jésuite », faisant la devanture d’une pâtisserie, une façon toute légitime de gourmandise en somme [2]. Ce côtoiement de marcheurs aux motivations diverses, de sacré et de profane, a son charme. Il y règne un respect mutuel, entretenu sans doute par la beauté et la sérénité des lieux.

De l’itinéraire de Saint Jacques le parcours hérite de nombreuses églises, hospices, croix de granit et du site exceptionnel du monastère d’Aubrac. Les villages de pierre qui gravitent sur et autour du chemin ont gardé leur beauté antique : Le Malzieu, dont la richesse de la laine alliée à la pureté de l’eau a fait un temps la fortune ; le château de Saint-Alban-sur-Limagnole avec sa cour intérieure toute d’harmonie renaissance, aux murs de granit ornés de grès rouge et qui tranche avec l’austérité des murs de défense ; l’église et le village de Saint-Urcize sur la route de Laguiole. Des hameaux écartés, comme Rimeize, offrent au curieux la surprise et l’intimité de leur site.

Une façon possible de parcourir en deux jours cet itinéraire, quand on le fait à plusieurs, est de laisser une voiture au point d’arrivée à Saint-Chély d’Aubrac, de partir d’Aumont, et de faire étape à Nasbinals. Une première journée de près de 7 heures de marche, 5 heures pour le lendemain. Les gîtes d’accueil de ceux qui y vont en pèlerins sont nombreux et de prix modique. Les hôtels et restaurants offrent aux autres, marcheurs ou simples touristes, l’ambiance et les bons produits de la montagne. L’hôtel – café – restaurant de la Route d’Argent, jouxtant l’église de Nasbinals, en est un lieu notable, une bonne table et une façon de s’imprégner de l’animation et de l’ambiance locale.

Bernard Hillau
octobre 2007

Repères topographiques

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Carte de l’Aubrac
Source : http://www.aubrac.com/

. Cartes IGN : 2537 E, 2537 O, 2538 O.
. Une référence utile : « Le chemin du Puy ». Guide pratique du pèlerin. Jean Pierre SIREJOL et Louis LABORDE – BALEN, Rando éditions.

Suggestions

. Henri Vincenot, Les étoiles de Compostelle.
Pour faire le chemin avec les bâtisseurs de cathédrales. Un grand classique en édition Folio : il n’alourdit guère le sac.
. Sur internet :
http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A8lerinage_de_Saint-Jacques-de-Compostelle

Notes

[1Le plateau est riche de 1200 espèces de plantes dont un aperçu intéressant est donné au jardin botanique d’Aubrac, au pied de l’ancien monastère.

[2Sacristain : gâteau torsadé aux amandes. Jésuite : gâteau triangulaire à la meringue, dont la forme évoque un chapeau de jésuite.

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