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Petites Antilles

Promenades et rêveries en Saint-Barth…

Saint-Barthélemy, dans les Antilles françaises, ne correspond pas à ce que l’on pourrait appeler un territoire de treks au long cours. Les guides touristiques la présentent plutôt comme un lieu de repos pour gens fortunés.
Gustavia, le port.
Port de Gustavia

Longue de 7 km, large de 4, elle est surtout parcourue de routes étroites, et la nature sauvage ne semble proposer aux marcheurs que quelques promenades assez courtes : l’accès à l’anse de Colombier par exemple, ou encore le chemin qui mène à la pointe Toiny. Ce sont des promenades tranquilles.

Pourtant la « côte sauvage » de Saint-Barth offre des aperçus magnifiques, sur la mer et les Iles (Saint Kitts et Nevis, Saint Eustache). La « maison Noureev » trône en son milieu, sur un talus rocheux battu par les vagues. Les crêtes de Vitet et de Grand Fond sont des promesses de nature sauvage mais qui semblent inaccessibles à tout promeneur ordinaire : où trouver les passages dans cette nature hostile de cactus et d’épineux ? Comment circuler autrement que par les petites routes en ciment parcourues de 4X4 pressés, ou sans traverser des propriétés privées ?

Voulant en avoir le cœur net je me suis inscrit à une randonnée de groupe pour un circuit des plus sauvages de l’Ile et que je convoitais depuis qu’il m’est donné d’y aller : la crête de Grand-Fond.

Le chemin des crêtes de Grand-Fond est sans doute un des plus sauvages et pittoresques de l’Ile, mais il est recommandé de ne pas s’y aventurer seul et de faire appel à un guide, comme Hélène, originaire de Saint-Barth et qui en connaît les nombreux secrets.

Laisser des voitures au point d’arrivée, le parking des Piscines naturelles à Grand-Fond. Rejoindre en voiture le parking de départ sur le col de Grand-Fond (place pour un à deux véhicules seulement).

Depuis le col, quand on regarde vers la mer au sud, la crête de Grand-Fond domine sur la droite le vaste vallon de même nom. Le Morne La Croix, qui la domine, second sommet de l’île, s’élève à la modeste altitude de 274 mètres ce qui n’enlève rien au caractère montagneux et tourmenté du relief.

Crête de Grand Fond
Crête de Grand Fond

Contourner par la droite le grillage qui ferme le parking côté montagne, et prendre le chemin qui s’élève tout de suite entre cactus et arbustes. Il faut emprunter l’arrête secondaire qui est faite d’un éboulis rocheux et qui monte du col vers la crête principale. On monte ainsi plusieurs dizaines de mètre sur ce chemin de pierre, avant de contourner par la gauche un gros rocher. Le chemin s’élève ainsi tantôt sur l’arrête, tantôt sur le flanc gauche de celle-ci. On parvient au bout de 30 à 45 mn à la paroi rocheuse du Morne La Croix. Il faut la contourner par la droite. On parvient à un premier promontoire qui regarde au Nord vers la côte, le golfe de Saint-Jean et son petit aéroport. Remarquées en passant : tortues sauvages, orchidées dans le rocher, essences exotiques telles qu’un magnifique acoma dont le tronc et les racines sont de couleur orange vif.
Un mapou
Un mapou

En ce point on rejoint le sommet du morne et l’arrête principale que l’on va suivre vers le sud en direction du Morne Rouge qui domine la mer. Le long de cette crête on surplombe tantôt Grand-Fond sur la gauche avec le Mont Vitet en face, le plus haut de l’Ile, tantôt l’anse de Grande Saline sur la droite, avec le Morne Lurrin pour barrer l’horizon. De nombreuses essences d’arbres se succèdent et témoignent de la variété de la flore dans ces paysages pourtant arides : bois noir, bois à fourmis, bois gomme, bois du diable, bois bracelet, bois côtelette. Les acacias épineux, arbustes aux formes élégantes ont des branches parsemées de petits pompons jaunes, semblables à nos fleurs de mimosas. On peut y voir aussi des cactus en boule, fleuris…, des cabris. Sur les replats de la crête, des murets témoignent d’anciennes cultures, dont seul subsiste aujourd’hui un champ de lataniers .

Cactus sur la crête
Cactus sur la crête

La randonnée ne va pas jusqu’au Morne Rouge. Avant même l’avant dernière crête rocheuse qui précède le plateau du Morne, une combe pentue permet de descendre vers l’anse de Washing Machine battue par les vagues écumeuses et blanches. Une chute dans les cactus dans cette pente parfois instable complète l’expérience intime de la promenade mais n’est pas obligatoire.

On retrouve là le chemin des Piscines naturelles que l’on prend vers l’Est. Ne pas manquer le chemin du parking, perpendiculaire à la plage, et signalé par un muret de pierres sèches.


Rêveries gyrovagues

De l’anse de Toiny on va à Gustavia par la côte sauvage et Grand Fond. De l’autre côté du col on prend à gauche vers Grande Saline, puis c’est Saint-Jean et son petit aéroport, le col Tourmente, Public et Gustavia.

Un itinéraire possible après Grand Fond consiste à descendre tout droit vers Lorient, qui regarde la mer par le Nord. Il faut alors prendre la route côtière par la gauche pour se retrouver à Saint-Jean, col Tourmente, Public et Gustavia.

Tant qu’à être attiré par la côte touristique pourquoi ne pas prendre directement depuis Toiny, et pour rejoindre la capitale, la direction de Petit Cul de Sac, Grand Cul de Sac, Marigot pour retrouver ensuite Lorient, Saint-Jean et Public ? Si l’on s’engage indûment dans l’impasse de Petit Cul de Sac, ne pas s’inquiéter, on peut toujours revenir à l’anse voisine de Toiny.

De l’anse de Toiny on va à Gustavia par la côte sauvage…


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Aéroport- piste de Saint jean

La piste de Saint-Jean

« Bête à z’ailes » ou le mystère des vieux mots

Il est des mots anciens de la langue française qui restent bien mystérieux. En introduction à ses « Chants de la balandrane » René Char s’arrête à ce mot de balandrane, si bien sonnant mais dont on ne sait trop d’où il vient : manteau de berger, vieux meuble, bascule de puits, plateau de balance ?. Le poète ne donne pas d’explication, comme si l’obscurité de ses origines rendait le mot plus propice encore à un usage poétique. "Rien de moins dessiné, dit-il, qu’un mot venu de l’écart et du lointain, qui ne devra son salut qu’à la vélocité de sa course."
Voilà bien un calibre propre à interroger, soupeser, exorciser cette expression des Iles : « bête à z’ailes ». C’est d’abord le nom d’un café bien connu de Gustavia, qui pourrait nous faire penser à ces pélicans qui plongent à qui mieux mieux devant sa terrasse, dans les eaux du port. S’agit il plutôt de ces petits avions, dont le premier a atterri il y a fort longtemps dans un pré en pente de Saint-Jean, et que les habitants de Saint-Barth auraient voulu habiller d’un nom exotique ? D’autres explications sont possibles comme celle-ci : « patois d’origine Saint-Barth désignant :
- un poisson volant ou une frégate selon certains pêcheurs locaux...
- un petit canot traditionnel de pêche pour d’autres...
- une personne aussi... »
Bravo aux auteurs Fanny et Marc, mais vous nous laissez dans une aussi large incertitude. Ce qui ajoute encore au mystère. D’autant que ce mot de patois Saint-Barth fait bougrement penser à du vieux français comme cette expression de picard (le chti’mi d’aujourd’hui) : le « diape à z’ailes », le diable ailé. Mot répandu aussi dans d’autres îles des indes françaises de l’Ouest. Enfin, une piste tout aussi sérieuse qui viendrait des Saint-Barth eux mêmes : les vents d’altitude des cyclones amènent avec eux des insectes comme les termites, les guêpes maçonnes ou les moustiques et font trainer sur leur passage d’autres calamités moins visibles mais plus durables (la dengue ?..) liées à ces « mauvaises » bêtes à z’ailes.
Allez ! laissons, nous aussi, ce mystère en suspens, peut-être un Saint-Barth, un chercheur en linguistique ou tout autre personne instruite de la chose aura-t-il la gentillesse d’éclairer notre lanterne. A votre bon cœur !!!

esperluette

Changer d’Ile dans les Caraïbes c’est un peu comme changer de planète : Saint-Barth est française, catholique, blanche, aride aussi ; Saint-Kitts, tout à côté, est anglophone, noire, protestante, agricole. On comprend l’intérêt des croisiéristes américains pour leur méditerranée à eux, si diverse et peut-être plus méditerranéenne que la nôtre. On comprend mieux aussi Peter Pan et la mythologie des pirates, les trafics de toutes sortes, encore si faciles aujourd’hui dans ces archipels aux mille nationalités.

Un point encore : la gentillesse et l’optimisme des habitants, on se croirait un peu en Californie, dans ce coin de la lointaine France.

Bernard Hillau
Février 2009


- Contact : Hélène Bernier. Easytime971@yahoo.fr

- Références : Le guide du routard. Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barth
Bien que portant en écharpe le sous-titre « randonnées et plongées » le guide ne donne aucune randonnée sur l’Ile.

Plan de situation

Saint Barth
Source : IGN - http://www.geoportail.fr/

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