La bible de Naples fut réalisée pour la cour angevine. Ses illustrations n’ont d’autre but que d’honorer la famille régnante dont l’histoire nous est racontée par la direction des regards et les gestes des mains. La taille et la position des personnages indique leur position sociale.
Risquons une interprétation.

- Angevins de Naples-Trois générations
- Bible de Naples. Source : Marseille et ses rois de Naples*
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En haut et au centre, Béatrice de Provence et Charles 1er, le couple fondateur. Charles couronne son fils aîné, Charles II, en présence de la cour. La qualité de successeur de Charles II est ainsi affirmée et reconnue, du vivant de son père. Béatrice, tournée vers ses fidèles (Provençaux semble-t-il, on le devine à leur blason), appuie de sa main gauche le choix de son époux.Il n’y aura pas de problème de succession.
À l’étage médian figure le règne de Charles II dont la succession fait problème. Son épouse, Marie de Hongrie et lui même ne veulent pas entendre les récriminations qui s’expriment sur leur droite. Tous deux regardent du côté opposé et désignent de la main Robert, le grand-père de Jeanne. La couronne revenait à leur aîné qui y a renoncé pour entrer dans les ordres. (C’est saint Louis d’Anjou reconnaissable à sa mitre - il fut un temps évêque de Toulouse avant de rejoindre les franciscains- et son auréole.) Le choix de Robert est contesté par la famille du prince de Tarente, sur la droite du couple régnant. En compensation Charles II leur promettra que le comté de Provence leur reviendrait, si Robert mourrait sans héritier mâle.
En bas on trouve Robert d’Anjou et sa seconde épouse Sancia de Majorque. Celle-ci étend sa main en signe de protection, sur la tête des deux fillettes agenouillées : Jeanne et sa sœur Marie. Elles sont en deuil et présentées uniquement par leur mère, Marie de Valois. Leur père, fils unique du couple régnant, est mort. Il n’y a plus de petit personnage couronné aux côtés de Robert. Vingt ans se sont écoulés depuis son couronnement et la promesse faite aux Tarentes.
Pour ne pas la tenir, Robert poussera dans l’arène l’ainée des fillettes : Jeanne .


