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Calanques.

Le bout du monde.

Falaises du Devenson

« Le bout du monde ! Où est-il le bout du monde ? Et bien mon bout du monde à moi n’est pas loin ». On y accède par la Gineste, la route qui relie Marseille à Cassis. En face du camp militaire de Carpiagne, on prend la route qui file en direction du col de la Gardiole, où on laisse sa voiture. Là, il y a les gens qui vont à En Vau, la reine des calanques, le plus beau site des calanques. Puis, il y a les autres, les autres qui vont ailleurs, mais je ne sais pas où. En tout cas, je file vers le Devenson où j’ai rendez vous avec le bout du monde !

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Falaises du Devenson et cap Morgiou

Les falaises du Devenson, il y a longtemps que je voulais écrire quelque chose sur ce sujet. J’ai hésité. J’avais d’autres chats à fouetter, d’autres lieux à voir. Mais le Devenson reste toujours là, présent, immuable.

Je reprends la plume ou plutôt, le stylo. Je laisse le bonheur et le plaisir courir sur le papier. Le bonheur du partage.

Devenson, lieu unique, lieu magique, lieu...

Si je commençais sur le mode touristique, je dirai : Devenson, hautes falaises de calcaires qui étalent leur splendeur entre la grande Candelle et En Vau. Le tourisme, c’est bien, mais plat, mais bien...

J’y vais souvent à pied ou en esprit dans ce lieu, où après la montée du col de l’Eissadon on accède enfin à l’espace sans limite.

Déjà au col, on découvre l’aiguille de l’Eissadon qui est un joyau protégé par l’écrin des falaises qui la surplombent, et qui nous donne une petite idée du spectacle à venir. Et quel spectacle !

On grimpe, un peu, il se mérite le plateau. Mais il se défend, un peu. Il y a toujours quelqu’un sur ce plateau, on y est jamais seul. Il n’y a qu’a voir certains week-end, c’est une vraie Canebière ! Sur le plateau on prend tout de suite la mesure ou plutôt la démesure du lieu. La démesure de l’espace qui nous entoure. Au nord, la Gineste nous laisse la perspective jusqu’à la chaîne de la sainte Baume. Au sud c’est le grand large, le grand bleu ou seul l’horizon nous impose ses limites.
On chemine en bordure de falaise vers le col qui est une vague surélévation, un promontoire. Le bord de falaise donne toute l’ampleur de la muraille qui défend la côte des assauts du large.
Les jours de Mistral, le vent est souverain dans ce lieu et rien ne l’arrête, surtout pas nous, pauvres bipèdes instables. Nous sommes les intrus dans ce lieu ; ces jours-là le bord de la falaise est dangereux.
Le col, de profil, ressemble à l’étrave d’un bateau et les photos « de la noble enfilade Devenson, Eissadon et Castelvieil » sont faciles ; on vise, on cadre, on déclenche et en plus, elles sont bonnes.

Mais qu’est ce qu’il reste au bout du compte ? Il reste une impression, une impression de bout du monde, une impression de paix, une impression d’être arrivé. J’ai envie de rester là et de me perdre dans l’immensité.
« Allez-y et vous verrez, je n’ai plus les mots moi ! »

Les gabians sont toujours là et leur vol nous rapellent que ce sont eux les véritables maîtres de l’espace.

Plus loin, je dois être, un peu nomade, le col des charbonniers m’ouvre encore un peu plus l’espace ; la grande Candelle, l’île du Riou, les crêtes de Morgiou. J’ai l’impression de survoler le paysage.

Le temps passe inexorable, je dois rentrer.

Je rentre par le même chemin ; le col, la noble enfilade etc.., la descente vers l’Eissadon... Je reviendrai encore, comme je suis déjà venu. J’ai la tête et les yeux pleins d’images et d’impression comme des photos.

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Allez-y. Le Devenson on le découvre à chaque fois. Il faut un peu d’entraînement, un peu aimer, un peu regarder, un peu partager, un peu prendre son temps, un peu le perdre, mais pas complètement.

Bernard Dejean


Références :
- Carte IGN au 1/15 000 : Les calanques de Marseille à Cassis.
- Topo-guide : Calanques entre ciel et mer, 112 randonnées de découverte, J. L. Fenouil et A. Dupaquis, Éd. de l’Envol.
( Les auteurs recommandent une boucle au départ de La Gardiole, par les crêtes de l’Estret, avec retour par le cheminement décrit ci-dessus : col de l’Oule et vallon d’En Vau. Il s’agit d’un itinéraire en balcon qui réserve de belles échappées de vues côté civilisation - Marseille et les monts de Carpiagne - et côté sauvage - falaises du Devenson et de Castelvieil. Compter 5 heures de marche à un rythme paisible. )

Suggestion :
Pour pénétrer l’ambiance des falaises que l’on aura seulement aperçues depuis le sentier, il faut lire les pages que Gaston Rébuffat consacre à la zone Devenson / Castelvieil dans son guide Calanques, Sainte Baume, Sainte Victoire, les 400 plus belles escalades et randonnées, Denoël, 1980.

P.-S.

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1 Message

  • > Le bout du monde. , par christian nerucci (antp)
    Le 24 octobre 2005 à 19:44

    Pour réagir à cet article je dirais qu’il est bien sympathique et que les photos sont superbes…

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