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Accueil > Balades > La Marie-Madeleine de la Sainte Baume

Saint Maximin, Var

La Marie-Madeleine de la Sainte Baume

Naissance d’un culte populaire

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Ravissement de Marie-Madeleine
Anonyme.
Source : Le coin de l’énigme
Cliquer la vignette.

La piété populaire a créé à la Sainte-Baume une sainte Marie-Madeleine métissée, évoquant à bien des égards les divinités fécondatrices de l’antiquité.
Cette balade nous conduira à sa rencontre dans le socle de la Sainte-Baume, entre Nans-Les-Pins et le plateau du Plan-d’Aups, là où se mêlent les flots des sources, de l’imaginaire et de la religiosité.

Nous serons invités à trouver l’origine du culte de La Marie-Madeleine de la Sainte-Baume dans l’œuvre associée des chrétiens de la base demandeurs de protections, des prêcheurs catholiques, des créateurs de légendes et de leurs illustrateurs. Nous découvrirons surtout que le principal artisan de cette œuvre collective c’est la Sainte-Baume, la montagne elle-même.

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Le « désert » de La Sainte Baume

La découverte de reliques attribuées à sainte Marie-Madeleine, à Saint-Maximin en 1279, provoqua un afflux de pèlerins vers la Sainte Baume, lieu de retraite choisi par la sainte pour y finir ses jours. Situé à une douzaine de kilomètres de Saint-Maximin, Nans-les-Pins s’imposa alors comme étape d’entrée dans le « désert » de la Sainte-Baume.

Le terme de « désert » est un cliché de la littérature hagiographique, inspiré par les « fous de Dieu » du Moyen-Orient. Il désignait le lieu où un ermite s’est retiré dans le dénuement nécessaire au développement de sa vie spirituelle. « Car le mot ermite vient de eremus, désert » note Bernard Hillau [1]
Mais ici "désert" peut être compris au sens moderne. Jusqu’au XIXe siècle en effet, l’accès à la Sainte-Baume était difficile, le pays isolé, réputé « inhabité et inhabitable ».
La montagne se présente comme un canapé tourné au nord. Les pieds, dans la plaine de Saint-Maximin, cotent 300 mètres ; le siège, au plateau du Plan-d’Aups, 700 mètres ; et la barrière rocheuse formant dossier voisine ou dépasse les 1 000 mètres d’altitude. Celle-ci provoque des pluies abondantes qui nourrissent une forêt de chênes et de hêtres, incongrue sous ces latitudes et alimentent ce que l’on qualifie de "château d’eau de la Basse Provence".
Il y fait frais en été et de nos jours encore, en dépit du réchauffement climatique, il n’y a pas d’hiver sans neige. Jusqu’en 1910 on conservait, dans de grands puits creusés sur le plateau, la glace formée naturellement en hiver pour la vendre à Marseille et Toulon, une fois venu l’été.
Tout proche du rivage méditerranéen chargé de métropoles, le pays a donc une géographie alpestre singulière qui lui vaut, à la fois son caractère sacré reconnu depuis l’antiquité, et un isolement dont on n’a plus guère idée aujourd’hui. La carte de Cassini, levée au XVIIIe siècle, est éloquente à cet égard.


Cassini, de Nans au Plan-d'Aups

Source : EHESS, Des villages de Cassini aux communes d’aujourd’hui

Pour une meilleure visibilité voir la carte sur le site.
(Navigation : Rechercher un lieu >Département : Var >toponyme : Plan d’Aups)


La commune du Plan d’Aups comptait une centaine d’habitants à la fin du XVIIIe siècle, vivant dans des conditions de pauvreté et d’isolement dont témoignent les délibérations du Conseil municipal recueillies par MM Collomp et Moussion*.
Réparer le chemin de Saint Zacharie (l’actuelle D. 480) rendu impraticable par les intempéries revient fréquemment à l’ordre du jour. Les Cassini n’ont pas jugé utile de le porter sur leur carte du fait sans doute de sa piètre viabilité. C’est pourtant par là que passait l’essentiel du commerce avec la vallée, les chemins vers Aubagne ou Auriol étant plus difficiles encore.

L’impression d’ensemble qui se dégage est celle d’un petit Tibet local, n’échappant à l’enfermement que par la route de Nans, dite « Chemin des rois », seule portée sur la carte des Cassini.
L’hôtellerie de la Sainte Baume ne fut construite qu’à la fin du XIXe siècle, simultanément à l’ouverture des routes actuelles. Auparavant les pèlerins fortunés étaient reçus dans un Hospice des étrangers à proximité de la grotte, les autres devant subvenir à leurs besoins par leurs propres moyens.

Le chemin des rois


Itinéraire L’itinéraire classique part du centre de Nans. Pour libérer un temps que l’on consacrera à une excursion sur le plateau, nous proposons de reprendre la voiture, après une visite au charmant centre-village et à son Office du Tourisme, pour gagner le lieu-dit Les Aumèdes, (3 km par la D. 80, direction Plan-d’Aups) où commence notre balade en boucle.

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La fourche

La boucle commence et se termine à cette fourche. On part vers la gauche par le "chemin des rois" et on reviendra par la droite.

On trouvera une description précise de l’itinéraire dans la « Fiche itinéraire ". Disons seulement que le trajet jusqu’à l’hôtellerie de la Sainte Baume est sans souci : 280 mètres de dénivelé pour environ 3,5 kilomètres, soit une heure et demie de marche à pas tranquilles, sur un large chemin, de plus balisé en rouge et blanc (GR 9). En revanche, le retour par les sources de l’Huveaune peut présenter quelques difficultés. Les marcheurs auront à faire des choix en fonction de leur mobilité. Consulter attentivement la « Fiche itinéraire " et la carte IGN.


Les pèlerins venant de Saint Maximin où ils s’étaient recueillis devant les reliques, dans la crypte de la basilique, gagnaient le plateau au départ de Nans. Le chemin dallé construit à la fin du XIVe siècle pour les besoins du pèlerinage, constitua l’accès le plus sûr au plateau du Plan d’Aups jusqu’à la construction en 1897 de la départementale 80.
Aujourd’hui le dallage a disparu mais la pente régulière, les virages élargis soutenus par des murs d’époque et les restes des oratoires évoquent les pèlerins passés par ce chemin, villageois en roumavagi, pitoyables SDF, bourgeois et bourgeoises accompagnés d’ânes chargés de victuailles et de couvertures pour le bivouac, et bien d’autres encore de tous rangs et de toutes nationalités.
On en compterait sans doute quelques millions mais la fierté locale n’a retenu que les 40 souverains et les 15 papes [2] suivis de leur cour qui traversèrent le village. D’où le « chemin des rois » que nous empruntons à notre tour.

Les pèlerinages d’aujourd’hui suivent ce même itinéraire, en totalité ou seulement dans sa partie terminale entre l’hôtellerie et le sanctuaire. Les deux principaux ont lieu à la Pentecôte (Pèlerinage de Provence, organisé par l’Association de soutien à la tradition des saints de Provence) et le 22 juillet, fête de Marie-Madeleine selon le calendrier liturgique de l’Église catholique. Voir le site des dominicains de la Sainte Baume

Les corps sauvés

Itinéraire
Après avoir croisé la D. 80, le chemin des rois poursuit en face par une montée rebutante. Longer la route tentera les jambes fatiguées. Mais ce serait une regrettable erreur car la montée ne dure pas et l’éminence coiffée par l’oratoire de Miette sur le plan d’Aups est atteinte en moins d’une demie-heure.

Oatoire de Miette

De là, on découvre la crête de la sainte Baume dans toute sa verticalité, à la fois lieu de contact entre le ciel et la terre et frontière entre les versants nord (côté terres) et sud (côté mer).
Le lieu est tout indiqué pour le pique-nique ou la pause.


Durant cette montée finale, le paysage s’ouvre. Au-delà de la yeuseraie voisine apparaissent, sur la gauche, les moutonnements sombres de la hêtraie-chênaie occidentale. Le marcheur se sent définitivement séparé des champs tirés au cordeau, traversés à la sortie de Nans, alors que l’on était encore dans le pays habité, l’ager des anciens. Au fur et à mesure que la forêt lointaine se découvre, la sensation d’entrer dans le « désert » inhabité, le saltus des anciens, se fait plus poignante.

L’histoire de Miette, colportée depuis les années 1850, illustre les dangers de ce pays sauvage où tout peut arriver et les puissantes protections nécessaires pour y survivre.
Durant une période troublée, les moines ayant été chassés de la grotte et son gardiennage confié à des laïcs, la jeune Miette habitait le « presbytère » voisin de la baume, avec sa mère et son oncle qui en était le gardien.
Poursuivie par le criminel qui venait d’assassiner ses parents — on ne sait trop s’il en voulait à la jeune fille ou à sa dot cachée dans le presbytère — elle accourut ici toute affolée, se jeter aux pieds de Marie-Madeleine et implorer sa protection.

Alors la sainte obscurcit les yeux de l’agresseur et Miette, à genoux au beau milieu du chemin devant l’oratoire qui porte maintenant son nom, Miette disparut de sa vue.

Le « miracle », paru si naïf qu’il fut supprimé de certaines versions, la fillette se cachant tout simplement derrière le socle de l’oratoire. Les censeurs feignaient d’ignorer que, pour christianiser la montagne sacrée des Gaulois, la sainte avait dû se paganiser en proportion. Largement matinée de bonne fée, elle aurait aussi bien pu transformer sa protégée en yeuse ou en lézard vert. Elle fit preuve de beaucoup de retenue, me semble-t-il, en se contentant de voiler les yeux du méchant.
Sur le fond, l’important c’est le sauvetage du corps de Miette. On verra que, dans le récit évangélique comme dans les légendes, toujours Marie-Madeleine sauve les corps. Elle les mène ou les ramène à la vie ou encore les conserve en vie ; c’est sa vocation. L’histoire de Miette n’en est qu’une illustration.

L’épisode de la conversion des Marseillais, rapporté par La Légende dorée, illustre lui aussi la vocation protectrice de la sainte.
Parvenue à Marseille par le moyen miraculeux que l’on sait, Marie-Madeleine entreprend de convertir le « chef de la province ». Elle y parvient, non sans mal, en lui promettant l’enfant espéré en vain « car son mariage était resté sans fruit ».
Voici le couple embarqué pour un pèlerinage à Jérusalem. Mais bientôt la tempête menace de submerger le bateau et l’épouse, accablée de frayeur, enfante avant terme et meurt en couche. Les corps de l’enfant vivant et de la mère morte sont abandonnés sur une île pour calmer la colère des éléments.
Deux ans plus tard, le pèlerin rentrant chez lui revient sur l’île où, à son immense joie, il trouve l’enfant en bonne santé et la maman cataleptique mais bien vivante. Celle-ci ne tarde pas à s’éveiller pour bénir Marie-Madeleine qui, dit-elle, : « m’a tenu lieu de sage-femme dans mes couches et m’a fidèlement secourue dans tous mes besoins ».

(Le texte intégral, mis en ligne par la BNF, se trouve en bibliographie.)

Le corps de la montagne

Itinéraire
Dix minutes environ après avoir quitté l’oratoire de Miette on rejoint de nouveau la D. 80 sous laquelle le chemin des rois disparaît momentanément. Pour éviter aux randonneurs de marcher sur la route, le GR longe alors la route, dans les bois, jusqu’à La Cayre.


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Lapiaz.
Source : Wikipédia
Cliquer la vignette.

Sur cette courte portion de l’itinéraire on marchera souvent sur le calcaire mis à nu, le squelette de la montagne, et l’on rencontrera pour la première fois des ciselures superficielles ou de profondes failles creusées dans la roche.
Elles signalent le processus « karstique » à l’œuvre dans le paysage, par lequel le corps de la montagne génère du vivant, pas à pas, du minéral au biologique. Bien que (relativement) peu connus, les termes de « karst » et « karstique » renvoient à un paysage des plus familier : une végétation méditerranéenne (petits résineux ou chênes prédominants) sur un sol calcaire érodé par l’eau de pluie. Sec en surface et sillonné de nombreuses cannelures et crevasses (les lapiaz), il forme en sous-sol des cavités de toutes sortes parcourues par des rivières souterraines qui alimentent les sources temporaires ou permanentes. C’est l’univers des spéléologues.

Les causses, le Vercors, le plateau de Caussols au nord de Grasse, celui de Canjuers au nord de Draguignan, sont typiques de ce paysage.


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Paysage karstique

Source : Wikipédia


La description du processus karstique (comment ça se passe ?) exige le recours à des notions scientifiques consultables en cliquant le précédent lien. Pour ce qui nous intéresse immédiatement, retenons que le calcaire s’est formé dans les temps géologiques à partir de coquillages et squelettes d’animaux marins. Issu du règne animal, il produit du vivant en retour, via le processus karstique, c’est-à-dire pour l’essentiel, la décomposition du calcaire par l’eau de pluie et sa transformation en sable, argiles, craie et autres « produits de décalcification », tandis que les eaux sont stockées dans les cavités et rendues aux sources.

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Karst
Source : http://www.alertes-meteo.com/geographie/karst.php

Le résultat de ce processus est visible à l’œil nu. Il intriguait nos ancêtres et alimentait leurs spéculations. Nos marcheurs, du moins les petits et ceux des grands restés curieux, seront eux aussi intrigués par les lapiaz entre lesquels ils circulent, parce qu’ils montrent des choses ordinairement cachées. Pas grand-chose à vrai dire, la plupart des lapiaz étant obstrués près de la surface ; mais suffisantes pour deviner l’essentiel : cette montagne a un dedans, elle est creuse.

Creuse comme un corps humain, elle contient des cavités, des poches, des cloisons et des boyaux. Si nous possédions encore le regard attentif à la nature de nos anciens nous percevrions qu’il s’y passe des choses similaires à celles qui se passent dans un corps humain. Par ces bouches que sont les lapiaz, la montagne boit l’eau de pluie ; elle la stocke, la digère et enfin la rend plus bas, aux sources que nous rencontrerons sur le chemin du retour.
Mais il y a plus. La Sainte Baume rend autre chose que ce qu’elle a ingurgité : ces concrétions qualifiées d’œufs dans la grotte homonyme ; ces algues microscopiques, responsables de la formation des gours dans le vallon de la Castelette ; ces terres rouges, argile fertile cultivée au Plan d’Aups ou bauxite, à l’est, du côté de Mazaugue.

Une image génitale s’imposait à l’esprit de nos ancêtres. Ils concevaient cette montagne comme un gigantesque corps maternel perpétuant le ménage à trois de la grande déesse-mère Gauloise avec Taranis, dieu du ciel et Ésus, dieu de la terre ; les noces du Ciel et de la Terre, l’Ouranos et la Gaïa des Grecs. Voilà ce qui motivait l’invocation indigène dans la forêt sacrée, le culte rendu aux Bonnes Mères par les Romains et celui de l’Artémis féconde apporté par les Phocéens.

Dernière venue sur les lieux, Marie-Madeleine héritera des cultes de fertilité-fécondité antérieurs selon un principe constant de l’histoire des religions : le culte le plus récent n’élimine pas les précédents, il ne fait que les habiller.


Itinéraire


Le sentier rejoint la D. 80 en face de La Cayre, vilaine baraque à demi ruinée sur la droite de laquelle on retrouve le GR. Celui-ci poursuit dans la même direction (ouest) et mène en une demie-heure à l’hôtellerie de la Sainte Baume.
Sur un sol squelettique les chênes blancs survivent difficilement à cinq années successives de sècheresse (en 2007).



Marie-Madeleine fille de la Sainte Baume

À la fin de sa première vie, celle que relatent les évangiles, Marie-Madeleine ne présentait aucune prédisposition au patronage d’un culte de fertilité-fécondité. Les textes ne lui attribuent ni époux ni enfant.
Des amants ? Oui répond le magistère catholique. C’était une fille facile, aimant la fête et le luxe. Peut-être même une fille vénale, une prostituée pour parler net.
Bien qu’elle soit controversée, par les orthodoxes notamment, cette mauvaise réputation suit notre sainte dans le légendaire provençal et elle est généralement admise chez nous, les Romains, depuis une homélie du pape Grégoire le Grand diffusée aux 7e et 8e siècles. En contrepartie elle dote le personnage d’une rare intensité dramatique : dans le récit évangélique, c’est en effet de cette fille de joie transformée par son amour que Jésus ressuscité — mais pas encore Christ (Messie) — fera son premier apôtre (envoyé), signe éclatant d’élection.

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Noli me tangere
Francesco Albani ( 1578-1660) : Le Christ apparaissant à la Madeleine - Peinture italienne - Musée du Louvre.

Cet épisode, l’un des plus célèbres de l’iconographie chrétienne, est raconté dans le

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ELLE

texte ci-contre. Il fonde la suite de la carrière de La Magdeleine dans les textes apocryphes, les légendes et les prières liturgiques. Passée du statut de femme honnie à celui de femme bénie, la sainte est toujours invoquée en tant que facilitatrice des passages et des transformations.

Il reste, pour revenir à notre propos initial, qu’aucun texte du premier christianisme n’attribue d’enfants ou d’époux à Marie-Madeleine. Au contraire, Modeste, patriarche de Jérusalem vers 630, indique qu’elle serait restée vierge toute sa vie et notre contemporain, Jacques Chocheyras*, la soupçonne d’avoir soutenu le courant encratite (= continence) d’un rigorisme radical : pas de vin, pas de viande, pas de sexe. Les textes qu’il cite la présentent vêtue de bure « comme un homme » et assez « virile dans sa foi ». Hommasse peut-être ?
Le camouflage de la sainte s’explique plus sûrement par la condition subalterne faite aux femmes du premier christianisme et par la mysoginie aigüe de l’Église médiévale [3].

Une Madeleine inféconde, célibataire et militante infatigable, s’avère donc la plus plausible. Comment expliquer dans ces conditions que les chrétiens de la base l’aient constamment sollicitée en qualité de protectrice des unions et des grossesses ? Le magistère romain n’y est pour rien, lui qui fit de la sainte un modèle de repentance et de confiance. Il faut chercher ailleurs. À mon avis, du côté de la montagne Sainte Baume, où l’intéressée passa les dernières années de sa vie. En effet, durant son séjour dans la grotte du sanctuaire - la « baume » précisément - Marie-Madeleine évolue. Célibataire et inféconde, elle le demeure, mais le personnage se transforme au contact de la montagne, Jacques de Voragine l’indique :
«  Marie-Madeleine, désireuse de contempler les choses célestes, se retira dans une grotte de la montagne que lui avait préparée la main des anges et pendant trente ans elle y resta à l’insu de tous. […] tous les jours, les anges l’élevaient dans les airs, où, pendant une heure, elle entendait leur musique ; après quoi, rassasiée de ce repas délicieux, elle redescendait dans sa grotte, sans avoir le moindre besoin d’aliments corporels ».

La durée du séjour dans la grotte n’est pas livrée au hasard, l’auteur comptant sur la sagacité du lecteur pour en découvrir le sens caché. Une banale opération de numérologie le révèle : 30 ans = 360 mois et 3 + 6 + 0 = le temps d’une grossesse…
On ne saurait être plus clair : la légende parle d’une grossesse tellurienne et de la naissance d’une Marie-Madeleine nouvelle.
Si l’on veut bien accepter cette conclusion, ne serait-ce que parce qu’elle n’aurait pas choqué jusqu’au XVIIIè siècle, on se heurte à la question de la nature de la nouvelle Marie-Madeleine : totalement chtonienne, infernale, ou au contraire divine, (les anges ayant blindé la grotte contre les exhalaisons chthoniennes) ? Ou peut-être métisse ?

Voici deux réponses diamétralement opposées, sachant que d’autres sont possibles.
Jacques de Voragine, exprimant le point de vue ecclésial, décrit une grande extatique ayant goûté l’éternité bienheureuse de son vivant, privilège exorbitant. Son corps dématérialisé, complètement spiritualisé, n’est plus celui d’une femme selon la nature, il est pareil à celui d’un ange [4]. Le phénomène s’accentue durant les derniers instants merveilleux de Marie-Madeleine. Transportée par les anges auprès du saint évêque Maximin pour une ultime communion, son corps déjà glorieux, irradie si fort que Maximin prend peur. C’est la naissance au ciel (la mort en terme profane) de sainte Marie-Madeleine que décrit l’auteur pour l’édification des fidèles.

Les chrétiens de base, toutes classes sociales confondues, optaient pour une autre lecture. Friands de « moineries » et prompts à les détourner, ils retenaient la naissance tellurienne de La Madeleine et en tiraient des conséquences pratico-pratiques. Cette époque croyait fermement à la transmission de capacités, de vertus (virtu, force) par simple contact physique. Le culte des reliques, forme la plus courante de la piété dans toutes les classes de la société, fonctionnait sur ce principe. Le même principe étendu au domaine profane — superstition selon les clercs — conduisait à admettre que, par le contact intime et prolongé de sa matrice, la montagne ait transformé la femme de Galilée. De ce point de vue, la nouvelle Marie-Madeleine était l’héritière des vertus de la Sainte-Baume.
Les chrétiens de la base invoquaient la sainte bien sûr, ils la situaient au paradis comme l’enseigne l’Église, mais lui attribuaient en même temps la vocation tutélaire et fertilisatrice de la montagne et des puissances préchrétiennes, premières occupantes des lieux. La Madeleine de la Sainte Baume n’est pas seulement une re-née. Elle est métisse .

Nouvelle née, nouveau personnage, elle change de nom, ce qui indique un changement de vocation selon une conviction populaire venue des Romains et toujours bien vivante de nos jours [5].

Luc (8, 1-3) la nomme « Marie de Magdala » du nom de la ville d’où elle venait. On la surnommait, précise-t-il, « La Magdaléenne ». Sortie de la caverne son nom se transforme en Marie-Magdaleine ou Marie-Madeleine d’abord, puis plus brièvement, en sainte Madeleine ou La Madeleine.
L’érosion naturelle des consonnes dans le cours du temps produit un changement de sens si merveilleux que l’on a du mal à croire qu’il soit dû au seul hasard. Comme le rocher brut roulé par le torrent devient galet, lisse et beau, La Magdaléenne devient La Madeleine. Ce qui signifie — écoutez bien ! — La Magnifique.

Le corps de La Madeleine

Et magnifique elle l’est, assurément, dans ses innombrables portraits légués par les imagiers et les peintres. Dématérialisé, spiritualisé ou au contraire bien palpable, charnel, son corps supporte un discours. Voyez et entendez …

Dans les épisodes évangéliques de sa carrière Marie-Madeleine est toujours très convenablement vêtue ; elle arbore une chevelure abondante mais disciplinée et son vase de myrrhe. (Rappelons, pour qui en ignorerait, qu’elle oignit de ce parfum les pieds puis plus tard la tête du Christ et qu’elle les essuya de ses cheveux.)

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Marie-Madeleine_Sospel
Cathédrale de Sospel, anonyme, non daté. Source : Cercle Bréa, Nice


Au contraire, La Madeleine de la Sainte Baume est nue sous une prodigieuse chevelure formant … Pelisse ? Fourrure ?

_1 La Madeleine en cheveux

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MM. Auron

MM. Auron Peinture murale de 1451, église saint Érige, Auron, Alpes Maritimes. En dépit de la date tardive elle se rattache par son style à l’art roman méditerranéen des XIe et XIIe siècles, dont la longévité caractérise l’art religieux des Alpes du sud-est, surtout dans les zones rurales.
Source : La prédication de Marie-Madeleine* p. 81


Le thème de La Madeleine en cheveux s’inspire d’une séquence légendaire (non retenue par Jacques de Voragine) qui fit florès.
Nous avons laissé Marie-Madeleine assez virile et camouflée en moine, on s’en souvient. Après de longues années d’usage intensif dans la caverne, la bure montra la trame puis tomba en lambeaux, laissant la sainte nue comme l’enfant à naître. Alors sa chevelure épaissit et s’allongea pour la couvrir jusqu’aux pieds « en sorte qu’aucune partie de son corps ne pouvait être vue ».
À Auron, la niche dans laquelle l’image est placée symbolise la Baume Sainte ; les anges de part et d’autre du sujet et l’épisode de la prédication à Marseille historié au-dessus de la niche, confirment que c’est la Marie-Madeleine de la Sainte Baume et non celle des évangiles, qui est ici représentée.

Cette chevelure hors norme, développée dans la caverne, indique l’aspect surhumain du personnage.
Le fourreau de cheveux remplaçant la bure du premier christianisme, manifeste ce qu’il voile, à savoir le sexe de la sainte. Exit l’être androgyne, l’apôtre « hommasse ». Voici maintenant une femme bâtie comme toutes les femmes. Une sœur pour celles qui la sollicitent, apte à comprendre leurs difficultés parce que femme et à y remédier parce que surfemme. Souvenez-vous de Miette et de l’épouse du chef de la province de Marseille.

Le symbolisme suggère un pas supplémentaire :
changer d’habit = changer de peau = muer. Non pas une mue superficielle comme celle du serpent, mais une mutation touchant l’être dans son entier.
Cette Marie-Madeleine d’Auron assume son double atavisme, céleste et terrien. Les anges sont des agents divins s’apprêtant à ravir la grande mystique. Le corps, nu sous la chevelure, est celui d’une femme-mère-potentielle, engendrée durant la grossesse tellurienne. Lui aussi est élevé aux cieux, comme celui de La Vierge Marie. Mais lui, il en revient. Il redescend sur notre terre commune, toujours à l’écoute des implorantes, alors que le corps marial nous a été définitivement ôté par l’Assomption.

2) Le ravissement de Marie-Madeleine

Le ravissement de Marie-MadeleineLe ravissement de Marie-Madeleine,
Prémontrés de Dielegem, près de Bruxelles, vers 1518
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Cette femme gonflée d’une naïve vénusté associée à un abbé revêtu des insignes de sa dignité, offusque le premier regard. Rappelons-nous que la Renaissance autorisait l’érotisme lorsque des motifs théologiques le justifiaient. S’agirait-il ici d’une allégorie de la « chair sauvée », c’est à dire de l’annonce de la mort de La Mort, la bonne nouvelle du christianisme ? [6]
Quoi qu’il en soit, et pour rester dans le cadre de notre propos, on observera que le corps de la sainte n’est plus camouflé ni voilé mais au contraire exalté. Il fait écho au bas du tableau, consacré au paysage de la Sainte Baume.

La falaise, le sanctuaire, la chapelle du saint Pilon sur la crête (on reconnaît la vue aperçue depuis l’oratoire de Miette) et le Chemin des rois jalonné d’oratoires, tout y est exactement représenté. On peut y voir, comme précédemment, une signature du lieu. Cependant, la ligne d’horizon placée à mi-hauteur ou peu s’en faut, invite une autre interprétation.
La ligne d’horizon fait frontière entre deux mondes, le terrien en bas, le céleste en haut. Marie-Madeleine conjugue l’un à l’autre, le Ciel où la transportent les anges et la Terre d’où elle vient et d’où le petit personnage resté au sol la suit des yeux, la main en visière.

Retournant à la Marie-Madeleine d’Auron, on constatera qu’elle aussi a les pieds sur la terre fleurie et le haut du corps aux cieux. Un bandeau vert clôt le domaine céleste ; son épaisseur souligne le franchissement de frontière opéré par Marie-Madeleine. Elle est placée ici, plus solidement que dans le rétable des Prémontrés, en position de transfrontalière, de médiatrice.
Cette position paraît donc solidement établie depuis Auron (référé aux XIe — XIIe siècle) à Prémontrés (du XVIe). De la frontière à franchir on passera aux obstacles et aux difficultés de l’existence à surmonter. Dans ces cas de figure, courants dans la vie de tout un chacun, Marie-Madeleine est devenue une facilitatrice reconnue.
Puissance tutélaire du voyageur engagé dans un passage dangereux, elle fait couple avec "le passeur", guide de montagne ou nocher du bac. Maîtresse des passages, elle protège le passant comme l’enfant à naître. Lui aussi est engagé dans un cheminement difficile conduisant à un col délicat voire dangereux.
Au Pont Mirabeau, la chapelle Marie-Madeleine-du-pont (voir la fin de l’article consacré à saint Eucher, paragraphe "Suggestion) illustre cette fonction propitiatoire, encouragée par les dominicains de la Sainte Baume.
On en trouvera un autre exemple, plus proche du culte populaire, avec le décor commandé par la reine Anne d’Autriche en remerciement de la naissance du futur Louis XIV.


Les œuvres ci-dessus enseignent que les images en disent plus que les textes. Plus humain et partant plus malléable que celui de la Vierge Marie, le corps de La Madeleine exprime l’évolution de la sensibilité religieuse et celle de la société.
La visite continue dans un article joint, La Galerie des Madeleines que les contributions des lecteurs enrichiront.


Itinéraires de retour

À l’hôtellerie de la Sainte Baume, on trouvera de quoi se sustenter et se rafraîchir à « La terrasse », de quoi faire connaissance avec le pèlerinage et les dominicains dans le hall de l’hôtellerie (exposition en entrée libre).

Pour le retour plusieurs choix sont possibles :
• rentrer par l’itinéraire le plus direct, le vallon de Castelette : description dans la fiche itinéraire ;
• faire un aller-retour aux Rocs de la Caïre avant d’entreprendre la descente : description dans l’article Le balcon de la Sainte Baume ;
• faire un aller-retour à la « chapelle des adieux » : description dans la fiche itinéraire.

Les Rocs de la Cayre offrent un point de vue complet sur le plateau et la falaise et permettent de récapituler ce qui a été égrené jusqu’ici. Ils constituent un but de balade alternatif au retour direct si l’on a installé une navette de voitures (2 à 3 heures selon le temps consacré au paysage).
Moins spectaculaire mais moins fatiguant aussi, l’itinéraire de la Chapelle des adieux est instructif et rafraîchissant (une demi-heure environ).
Enfin, le vallon de Castelette offre des vues ravissantes si les sources sont en activité. Il est aussi très fragile, merci de ne pas sortir des itinéraires balisés.

Cap au nord

Dans tous les cas le départ se fait cap au nord, dans l’axe de l’allée et du passage piétonnier sur lesquels s’ouvre la porte de l’hôtellerie. (Détails dans la fiche itinéraire.)

Vallon de Castelette
Passé un col, le tracé vert plonge dans la vaste « reculée » de Castelette. Les 200 premiers mètres à déniveler sont raides. Ils seront pénibles aux petites jambes et les grandes s’aideront volontiers d’un bâton de marche.
La pente se calme lorsqu’on bute sur un sentier plus large. Fléchage au sol : à gauche la grotte de Castelette (à environ 10 minutes) ; à droite les sources de l’Huveaune et notre sens de marche. Cette zone recèle l’un des plus important réseau souterrain de la région.
Pour nous qui resterons en surface, le résultat est enchanteur, en particulier après les pluies printanières.

Sources de l'Huveaune

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Les gours

Toute cette zone est fragile et protégée. Il est désolant de voir les protections des berges renversées et piétinées par les amoureux de la nature. Suivez les sentiers balisés, elle se portera mieux !

Suivez les sentiers


Itinéraire
Peu après le panneau « Réserve biologique domaniale » ci-dessus, le tracé vert, parvenu au bas de la descente, rejoint le GR 9 en provenance de Saint-Zacharie. Prendre à droite. Dans une demie-heure nous serons rendus.


Ce château d’eau est une mère
La Sainte Baume est le château d’eau de la Basse Provence. Elle alimente trois fleuves côtiers, l’Huveaune qui rejoint la mer à Marseille ; le Gapeau qui prend ses sources sur le versant sud, à proximité de Signes et débouche à Hyères ; l’Argens enfin, né à proximité de Seillons au nord de Saint-Maximin, file vers l’est en enflant pour se jeter en mer à Fréjus.
Leurs vallées constituent d’antiques voies de communication entre la côte et l’arrière-pays. Si La Madeleine est venue à la Sainte Baume, elle aura suivi l’Huveaune ; si elle y est restée jusqu’à nos jours on le doit, au moins pour partie, aux moines de la Chartreuse de Montrieux, sur le Gapeau.
Elle alimente aussi quantité de rivières et de ruisseaux rayonnant dans toute la région. Le joli Caramy, des alentours de Mazaugues à Tourves ; l’Issole qui rejoint le Gapeau à La Roquebrussane ; etc. Que l’on veuille bien me pardonner la fuite dans l’et cætera. L’exhaustivité fatiguerait la lecture, d’autant qu’elle réclamerait mention des rivières souterraines et par suite innommées, telle celle partie des bassins de Cuges et Gémenos qui vient se perdre (embut) dans la calanque de Port-Miou.
Restons-en à l’essentiel et, du même pas, retournons à notre sujet. Cette montagne irrigue les alentours, elle fertilise les vallées voisines, elle nourrit ses enfants. C’est une mère.
C’était une mère. On le perçoit mal aujourd’hui, l’urbanisation et les pinèdes ayant grignoté les cultures. Mais on ne pouvait pas l’ignorer lorsque 80 % de la population vivait de la terre et dépendait des possibilités naturelles d’irrigation. Alors, les sources, les ruisseaux et les rivières se paraient d’une traîne de champs cultivés, formant le pays habité, l’ager des anciens, défendu par un cordon d’oratoires, de calvaires et de chapelles.
Et les jeunes gens, avant d’arrêter le choix de leur promis(e), sollicitaient l’oracle de cette mère-montagne. Mon mariage sera-t-il heureux demandaient-ils chacun pour soi ? (Entendez prospère et fécond.) La montagne répondait par le truchement de petits édifices en pierres qu’ils bâtissaient, les garçons comme ci et les filles comme ça, dans les replis cachés de son vaste corps [7].
Pas très catholique ce rituel, me direz-vous.
Ben non ! Mais sainte Marie-Madeleine couvrait… C’est à elle qu’il fallait penser très fort pour faire parler la montagne.

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Photo B. Dejean
Sainte Baume, l’Huveaune

Une profonde connivence lie la vieille montagne à la jeune sainte. L’ancienne a légué les dispositions maternelles et nourricières qui manquaient à sa cadette pour assumer son rôle de protectrice des unions et des enfantements. En retour, La Madeleine de la Sainte Baume a conservé la mémoire des puissances préchrétiennes.
Le culte populaire de Marie-Madeleine à la Sainte Baume était un mixte des enseignements de l’Église (les évangiles, les légendes hagiographiques, les sermons, les prières,…) et d’un savoir traditionnel accumulé par des générations de fins connaisseurs des choses de la nature, de surcroît familiers du surnaturel. Ces gens ont créé une sainte gardienne, comme l’ange, pour faciliter le passage des petites morts suivies d’autant de renaissances que sont la venue au monde et l’établissement dans l’âge adulte et pour protéger leur corps dans les passages dangereux, en altitude ou au risque des eaux.

Ce culte est mort, il y a de cela quelques décennies, avec la civilisation paysanne dont il était issu et qui le maintenait. Ne nous attristons pas cependant. Depuis vingt siècles, La Madeleine vit dans le cœur de ses fidèles, chrétiens, occultistes ou simples rêveurs, et elle s’est toujours adaptée avec bonheur à l’air du temps. Elle se transformera encore pour que chacun puisse trouver Madeleine à son pied.

CB, août 2008.

Repères bibliographiques

- Jean-Paul Clébert, Marie Madeleine en Provence, 1988.

- Roland Hureaux, Jésus et Marie-Madeleine, 2006.
(Chapitres 1 : Aux sources ; 2 : Une ou trois Madeleine ? ; 7 : Marie-Madeleine initiée ? )

- Marie-Madeleine à la Sainte Baume ? Histoire de la tradition, des origines jusqu’en 1279, Cahiers de la Sainte Baume, n° 4 - 5, 1987, réédition 1998.

- La prédication de Marie-Madeleine, dossier d’exposition, Musée du Vieux-Marseille, 2006.

- Victor Saxer, Le culte de Marie-Madeleine en Occident des origines à nos jours, 2 tomes, 1959.

- Jacques Chocheyras, Les saintes de la mer, Madeleine, Marthe, les Saintes Maries de la Provence à la Bourgogne, Ed.Paradigme, Orléans, 1998.

- Jacques de Voragine, La légende dorée :
. deux éditions de poche : 1) Points, sagesses, 2) Garnier Flamarion (2 vol.)
. une édition Bibliothèque de La Pléiade, 2004, 1550 p. – Préface de J. Le Goff.
. une édition en ligne de la BNF dont on trouvera ci-dessous le chapitre XCV, consacré à Sainte Marie-Madeleine.

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Légende dorée, chap.XCV

. À propos de la Légende dorée et son auteur :

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La Légende dorée et son auteur

- Claire Tiévant, Almanach de la mémoire et des coutumes – Provence, Albin Michel, 1983.

- Paul Collomp et Victor Moussion, Chronologie de quelques événements survenus au Plan d’Aups (…), Marseille, 2000.

- Bernard Sergent, (collab. Société de mythologie française), Le guide de la France Mythologique, 2007.

- M.-H. Froeschlé-Chopard ( s.dir. de) Itinéraires pèlerins de l’ancienne Provence, Marseille, 2002.
(Le pèlerinage au fil des siècles, p. 9 ; La provence terre des romérages, p.35 ; le pèlerinage à Marie-Madeleine, p. 73.)

- Histoire des femmes en Occident, t.2, Le Moyen-Âge, Collectif S/dir Georges Duby et Michelle Perrot, 1991. Rééd. au format de poche : Perrin, Tempus, 5 t. (12,20 euros chaque), 2008.

- Marie-Madeleine, pécheresse et nouvelle Eve, évolution des figures de Marie-Madeleine dans les enseignements de l’Eglise. Interview de Sylvie Barnay sur Canal académie

- André Vauchez, La spiritualité du Moyen-Âge occidental, Seuil, Coll. Point Histoire. (Deux chapitres en rapport étroit avec notre sujet : IV-3 : Le christianisme au féminin ; et V-1 : Pèlerinages, culte des reliques et miracles.)

- Louis Réau, Iconographie de l’art chrétien : Iconographie des saints, Tome III. II. (de G à O).

- Sur le site du Ministère de la culture : La peinture médiévale dans le midi de la France,

- Philippe de Beauchamp, L’Art religieux dans les Alpes-Maritimes : architecture religieuse, peintures murales et retables ; photogr. de Loïc Jahan. Edisud, 1990

- Èmile Mâle, Les saints compagnons du Christ, Beauchesne, 1988.
(Sainte Marie-Madeleine et sainte Marthe, p. 61 - 86.)

- J.-J. Hatt, La religion gauloise, chapitre 2 de l’ article "Gaule", Encyclopédie universalis.

- Shahkrukh Hussain, La Grande Déesse-Mère, postface de J.-Y. Leloup, Albin Michel, 1998.


Repères topographiques

- Plan de situation :
Saint-Maximin à 40 Km à l’Est d’Aix-en-Provence.
Nans-les-Pins à 15 Km au Sud ( Ouest un peu) de Saint-Maximin.


Source : [viamichelin->http://www.viamichelin.fr/viamichelin/fra/dyn/controller/Cartes]

Source : Viamichelin


- Ligne générale :
De Nans-Les-Pins à l’hôtellerie de La sainte Baume nous emprunterons l’antique « chemin des rois » qui coupe à deux reprises la D. 80. Il s’agit d’un trajet sans souci : 280 mètres de dénivelé pour environ 3,5 kilomètres, soit une heure et demie de marche à pas tranquilles, sur un large chemin, de surcroît balisé en rouge et blanc (GR).
Le retour par le vallon de Castelette débute par 200 mètres environ (en dénivelé) de descente raide. Ce passage peut être éprouvant pour les petites jambes et les vieilles mais il est bref.

- Cartes : IGN : TOP 25, 3345, SIGNES.TOURVES
Un topo et un extrait de l’ancienne carte IGN au 1/25.000 sont en vente pour un coût modique à L’Office du Tourisme de Nans-Les-Pins. Il couvre partiellement l’itinéraire que nous indiquons et lui apporte des compléments.

- A) Balade « La Madeleine de la Sainte Baume »
Voir la Fiche itinéraire

- B) Balade suivante à La Sainte-Baume, en préparation
Elle nous conduira dans les étages supérieurs de la montagne, entre l’hôtellerie et la baume. On y racontera diverses choses sur les vies successives de La Madeleine et ses cultes. L’itinéraire sera complété lors de l’accouchement en ligne.


Crédits photos Les photographies sont de l’auteur. Elles sont libres de droits sous réserve d’une mention de la source au format lien hypertexte suivant :
http://balades.contingences.com/La-Marie-Madeleine-de-la-Sainte?var_mode=recalcul

Nos remerciements au Cercle Bréa de Nice qui nous a autorisé à publier une des illustrations de son site.
Le site "Les saintes travesties" à qui nous empruntons le ravissement de Marie-Madeleine figurant dans le chapo est injoignable ( pas d’adresse de contact). Qu’il trouve ici nos remerciements.


Notes

[1Un lexique raisonné de la compétence, L’Harmattan, 2006, p. 182.

[2Chiffre cité par Clébert*. Une liste des pèlerins célèbres figure dans la chronologie établie par les dominicains gardiens de la grotte.

[3Sur ce vaste sujet on pourra consulter Histoire des femmes en Occident*, tome 2, disponible depuis peu en format de poche. Au chapitre 6, l’auteure indique que plusieurs conciles de la fin du VIIIe siècle “tonnent contre les religieuses vêtues d’atours masculins”. Au chapitre 7, Paulette l’Hermitte-Leclerc, fréquemment citée dans la balade consacrée à la Bienheureuse Roseline, décrit la situation des femmes dans la société féodale avec son alacrité coutumière.

[4Au premier Moyen-Âge les saints voulus par l’Église devaient être impitoyables avec leur nature au motif d’entrave et de pollution de l’esprit ; il fallait la vaincre pour libérer la fusion de l’esprit dans l’Esprit. À partir du XIIIe siècle la tendance s’inverse en considération de l’Incarnation du Christ. La nature chantera la gloire du Créateur, les saintes soigneront les corps malades, tandis que les artistes offraient une représentation de plus en plus sensuelle du corps féminin, Marie-Madeleine étant leur sujet favori.
Voir André Vauchez* et Histoire des femmes*, t.2, chapitre 2, De la nature féminine par Claude Thomasset.

[5Nomen est omen, le nom est un présage ; l’auteur de Un prénom pour la vie : Choix, rôle, influence du prénom a du faire fortune sur ce seul titre constamment réédité depuis une trentaine d’années.

[6Petite révision du catéchisme : "1016 Par la mort l’âme est séparée du corps, mais dans la résurrection Dieu rendra la vie incorruptible à notre corps transformé en le réunissant à notre âme. De même que le Christ est ressuscité et vit pour toujours, tous nous ressusciterons au dernier jour."
Luc Ferry expose le contexte philosophico-théologique dans Qu’est-ce qu’une vie réussie ? p. 353 & +

[7Les garçons bâtissaient un mouloun de forme phallique et les filles un castelleto triangulaire. Rituel souvent décrit. Voir l’Almanach de Claire Tiévant* au 22 Juillet et Le guide de la France mythologique*, p.477 et suiv. Voir aussi Paul Sébillot, Folklore de France, t.1,1968, p. 351.

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