» Balades » Charles Ier d’Anjou entre rêve et histoire.
 
Pont de la reine Jeanne, la saga des Angevins de Naples
Charles Ier d’Anjou entre rêve et histoire.
L’encerclement de l’empire latin de Constantinople.

 

Léo Pérutz fait demander à son Cavalier suédois : "Pourquoi Dieu n’a-t-il pas fait de tous les hommes des chrétiens ? Pourquoi y a-t-il tant de Turcs et de Juifs ? Là, quelque chose ne va pas…" Point de vue que partagerait Charles en y ajoutant toutefois une ambition supplémentaire : catholiciser les byzantins. Tout cela non par haine des uns ou des autres mais par souci de corriger les imperfections de la Création. Rien de moins. "Ses ambitions sont raisonnées, écrit E-G Léonard*, elles sont en rapport avec la situation, mais elles ont quelque chose de démesuré, de chimérique."

La Provence lui servant de base arrière et de tirelire, il tient l’Italie du Sud en fief ; il obtient des droits sur la principauté d’Achaïe (Péloponèse actuel) dont hériteront les Tarentes. Quant aux Durras ils tiennent leur nom du duché de Durrës (sur la côte, à l’ouest de Tirana) en Albanie, dont Charles porta également la couronne. Enfin, par mariage, son fils aîné et successeur fonde la lignée angevine d’Hongrie, cet État étant alors l’un des plus puissants d’Europe. On trouvera les nombreux titres de Charles 1er et ses armes successives dans sa bibliographie

A considérer la carte des fiefs, possessions et alliances de Charles 1er sur la fin de son règne, on saisit l’ampleur du projet. Il vise, on le sait, le « royaume latin de Constantinople » et ses possessions l’encerclent.


Une histoire, en italien, de l’Empire (ou royaume) latin de Constantinople


Convaincu du bien fondé de l’axiome des stratèges chinois selon lequel « le court est plus fort que le long » , il veut établir, à Constantinople, une base territoriale rapprochée, à partir de laquelle il envisage de reprendre les lieux saints. C’est pour cette raison qu’il achète la titulature royale sur Jérusalem.

Cette perspective est ancienne (elle animait déja les Normands, maîtres de la Sicile aux XIème et XIIème siècles) et ne disparaîtra pas avec lui. Elle portera encore Charles VIII à la conquête de l’Italie en 1494. Voir Histoire d’Italie :

 
 
Publié le jeudi 30 mars 2006
Mis à jour le samedi 21 octobre 2006

 
 
 
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